Pour l’enfant adopté ou né sous X, en France, connaître ses origines biologiques n’est toujours pas un droit. J’ai bravé les interdits pour retrouver ma mère de naissance, et cette quête a changé ma vie. Aujourd’hui je milite pour une réforme profonde de l’adoption en France et pour les droits des adoptés : pour que d’autres enfants puissent vivre une adoption heureuse, accompagnée, humaine. Et pour que le mot « abandon » soit enfin remplacé par « confier ».
Proposition 01
De l’accouchement sous X à l’accouchement dans la discrétion : pour une réforme du droit français
Le secret absolu promis aux mères biologiques est aujourd’hui un leurre : l’ADN, les réseaux sociaux et les bases de données internationales rendent l’anonymat à vie impossible. Continuer à le promettre, c’est mentir à des femmes souvent en détresse. L’accouchement « dans la discrétion » permettrait de protéger la mère pendant la minorité de l’enfant, tout en préservant le droit de celui-ci à connaître ses origines à sa majorité. Ce n’est pas opposer la mère à l’enfant : c’est enfin les respecter tous les deux.
Proposition 02
Réformer l’adoption en France : mettre en lien mère biologique et parents adoptants dès la grossesse
C’est la proposition qui me tient le plus à cœur. Quand une mère biologique sait qu’elle ne peut pas garder son enfant, pourquoi l’isoler jusqu’à l’accouchement ? Je milite pour qu’une mise en relation avec les parents adoptants soit possible dès la grossesse, que ces futurs parents puissent accompagner la mère, être présents à la naissance, et accueillir le bébé dès sa sortie de maternité. Pas de liste d’attente. Pas de placement provisoire. Un passage de relais humain, préparé, aimant.
Proposition 03
Suppression de l’anonymat post-mortem : permettre aux nés sous X d’accéder à leurs origines même après le décès de la mère
Aujourd’hui, une mère biologique peut maintenir son anonymat même après sa mort. Cette disposition prive des adultes adoptés de toute possibilité de retrouver leur histoire, parfois pour toujours. La levée de l’anonymat après le décès ne cause aucun préjudice à la mère disparue. Elle répare, en revanche, une injustice profonde pour l’enfant devenu adulte.
Proposition 04
Légalisation des tests ADN généalogiques en France : un droit pour les adoptés et nés sous X
La France est l’un des rares pays européens à pénaliser encore les tests ADN généalogiques. Pourtant, des centaines de milliers de Français y ont déjà recours via des plateformes étrangères. Légaliser ces tests, avec un encadrement sérieux et un accompagnement psychologique, c’est reconnaître la réalité, et protéger ceux qui cherchent leurs origines des dérives d’un marché aujourd’hui sans garde-fous.
Proposition 05
Accès aux antécédents médicaux biologiques : un droit fondamental pour les enfants adoptés, nés sous X et suivis par l’ASE
Un enfant né sous X peut ne disposer d’aucune information sur ses antécédents médicaux. C’est une inégalité grave, parfois vitale. L’obligation de recueillir ces données à la naissance, et de les transmettre à l’enfant ou à sa famille adoptive, est une question de santé publique autant que de dignité.
Secret de naissance
J’ai fondé l’association Secret de naissance pour porter ces combats. Le dernier en date : obtenir que les personnes privées de leurs origines biologiques aient accès au test génétique préventif du cancer du sein. Lire la tribune
Je soutiens aussi les propositions du Collectif des « Nés sous X d’Ici et d’Ailleurs ».